Piscines en version estivale
3 juillet 2026
Pour les piscines municipales, passer en "mode été" représente un véritable challenge, et ce, d’autant que les ouvertures ont lieu de plus en plus tôt pour s’adapter aux fortes chaleurs. Visite en coulisses des préparatifs au CNTB.
Au Centre Nautique Tony Bertrand (CNTB, 7e) comme ailleurs, l'ouverture estivale est une opération d'envergure qui démarre dès le mois de… février ! "Le premier défi à relever, explique Loïc Braud, responsable de site, c'est de trouver les maîtres-nageurs ! Ouvrir le bassin estival demande de tripler leur nombre, pour des raisons pratiques et légales." Il faut donc 24 maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) pour assurer la rotation des équipes sur une semaine. "On estime qu'il en manque entre 4 et 5 000 à l'échelle nationale. Donc chaque année, c'est difficile de recruter des saisonniers qui doivent avoir leur brevet et être à jour de leur certificat d'aptitude." Dans le même temps, il faut également tripler le personnel pour les caisses, l'entretien et la sécurité de l'établissement pour juillet-août. Et, comme ce fut le cas cette année, en fonction de la météo, le CNTB peut ouvrir de façon anticipée dès le mois de mai, pour accueillir jusqu’à 1 800 personnes en même temps. Cela nécessite de mobiliser les maîtres-nageurs présents dans les autres piscines de la ville.
L'ouverture estivale implique également plusieurs opérations techniques. La principale, c’est la remise en fonction du bassin d’été de 65m et de la zone dédiée aux familles. "On le vidange et on nettoie ses 2 000 m2, ainsi que les plages, les gradins, la pataugeoire... et la partie des vestiaires qui n'est pas utilisée l'hiver. On en profite aussi pour faire des petits travaux de maintenance. Enfin, le pôle technique Piscines et patinoires intervient pour la chimie de l'eau et le chauffage urbain pour chauffer l'eau du bassin. Il faut donc gérer le planning de tous ces intervenants." Le CNTB fabrique également lui-même son chlore ! 400 kg de sel sont décomposés chaque semaine par plusieurs électrolyseurs.
Qui dit été, dit aussi animations, principalement à destination des familles. "Au CNTB, on a vraiment deux ambiances. Côté bassin olympique, c'est plutôt calme, avec beaucoup de nageurs assidus. De l'autre côté, les Lyonnais viennent pour bronzer et s'amuser ! Cette année, on fait évoluer les animations. On propose du ping-pong sur des tables en béton ainsi que des jeux peints au sol comme les échecs, la marelle ou le morpion... En plus, grâce au Budget participatif de la Ville de Lyon, on est doté de parasols qui procurent beaucoup d'ombre sur cette partie." Ce ne sont pas les seules nouveautés de l’année. 850 000 euros ont été investis par la Ville de Lyon dans des travaux de rénovation et d'amélioration des équipements au CNTB, ainsi que dans les autres bassins d’été, Mermoz (8e) et La Duchère (9e).
Crédit image : © Muriel Chaulet
Thomas Drevon, maître des bassins
"La surveillance du bassin depuis la chaise, c'est à peine 50% du temps de travail d'un maître-nageur. Nous gardons à l’œil les publics les plus à risque comme les personnes âgées, les nageurs débutants ou les enfants en bas âge. Le reste du temps, on est mobilisés sur l’apprentissage avec l’accueil des scolaires du lundi au vendredi. On gère également les animations proposées en piscine. La partie sécurité est tout aussi importante. Chaque matin, il faut vérifier les équipements de secours, bouteille d'oxygène, défibrillateur, stock de l’infirmerie et appeler les pompiers pour s'assurer que la ligne fonctionne...".
Chiffres à connaître
• 3,19 € : le prix moyen d’une entrée dans une piscine lyonnaise. Mais le coût réel pour la collectivité est de 12 € l’entrée