Violences sexistes et sexuelles : Lyon franchit un cap

Droits et égalités

17 septembre 2026

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Ce jeudi 17 septembre, la Ville de Lyon a réuni l’ensemble de ses élus pour une commission générale consacrée aux violences sexistes et sexuelles. Lors de cette séance, le Maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé de nouvelles mesures pour prévenir les violences, mieux protéger les victimes et renforcer l’exemplarité de la collectivité ; dans la continuité des dispositifs mis en place depuis 2020.

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La première étape vers un plan d’action municipal transpartisan

Selon les dernières enquêtes menées en France, le nombre de femmes âgées de 18 ans et plus qui, en 2023, ont été victimes de viols, tentatives de viol et/ou agressions sexuelles est estimé à 277 000 femmes. À la suite des viols, tentatives de viol et/ou agressions sexuelles qu’elles ont subies, seules 7 % des femmes victimes déclarent avoir porté plainte. Face à ce phénomène, la Ville de Lyon entend prendre ses responsabilités afin de participer à mieux prévenir, protéger et accompagner les victimes mais aussi mieux soutenir les associations qui agissent au quotidien.

La tenue d’une commission générale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles constitue une première étape. Cette séance a été l’occasion de croiser les regards de trois expertes — universitaire, formatrice et juriste — afin de mieux comprendre les mécanismes des violences sexistes et sexuelles, leur continuum, leurs conséquences et les leviers d’action à la disposition des collectivités.

À l’issue de cette commission, le Maire de Lyon, Grégory Doucet a annoncé la création à venir d’un groupe de travail transpartisan réunissant les représentants et représentantes de l’ensemble des groupes politiques du conseil municipal. Avec les associations et les institutions partenaires, ce groupe aura pour mission de construire un plan municipal de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera soumis au vote du conseil municipal d’ici l’été 2027.


Des premières mesures annoncées 

En attendant la présentation du futur plan d’action municipal, le Maire de Lyon a d’ores et déjà annoncé une première série de mesures qui viennent compléter et renforcer l’action engagée par la Ville ces dernières années :

  • L’élargissement du conditionnement des subventions municipales à la formation contre les violences pour l’ensemble des associations bénéficiant du soutien de la Ville de Lyon. L’attribution des subventions municipales sera désormais conditionnée à la formation des cadres des associations à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cette exigence s’appuie sur l’expérience concluante menée depuis 2024 dans le secteur sportif.
  • La création d’un fonds municipal d’aide d’urgence aux victimes. Ce fonds permettra de répondre à des besoins immédiats qui peuvent constituer autant de freins à la mise à l’abri et à la reconstruction : changement de serrure, garde d’enfants, nuits d’hôtel, déménagement en urgence ou autres dépenses directement liées à la situation de violence.*
  • L’augmentation du parc d’hébergement d’urgence. La municipalité met actuellement à disposition de l’association Le Mas six appartements pour l’hébergement de femmes victimes de violences, avec ou sans enfant. Cette capacité sera renforcée afin de mieux répondre aux besoins de mise à l’abri et de sécurisation des victimes.


Depuis 2020, la municipalité lutte contre les violences sexistes et sexuelles. 

Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans une politique engagée depuis 2020 autour de plusieurs axes : la prévention, l’accueil et l’accompagnement des victimes, la mise à l’abri, la formation, la sensibilisation et le devoir d’exemplarité de la collectivité. 

Parmi les dispositifs aujourd’hui portés ou soutenus par la Ville :

  •  3 intervenantes sociales en commissariat, cofinancées à 50 % par l’État, qui accueillent et orientent les victimes. Elles ont traité 1 502 situations en 2025.
  •  Des permanences d’accueil dans les mairies des 3e, 7e, 8e et 9e arrondissements, en partenariat avec VIFFIL. Elles sont gratuites, anonymes et sans rendez-vous. 3 000 personnes y ont été reçues
    en 2025.
  • Deux Maisons de justice et du droit, dans les 8e et 9e arrondissements, qui contribuent à l’accès aux droits et à l’aide aux victimes.
  • Le réseau « Demandez Angela », qui rassemble aujourd’hui 400 lieux sûrs formés à l’accueil et à l’écoute des personnes victimes de harcèlement ou qui ne se sentent pas en sécurité dans l’espace public.
  • Le soutien à la création de la Maison des femmes de Lyon. Ouverte en septembre 2024, elle propose une prise en charge pluridisciplinaire et facilite le parcours médicojudiciaire. 545 personnes y ont été orientées en 2025.
  • Une politique de formation dans les associations sportives, avec 90 % des clubs financés ayant déjà suivi la formation obligatoire mise en place depuis 2024.
  • Des actions au sein même de la collectivité, avec un plan d’égalité professionnelle 2026-2027 comprenant un axe de prévention et de lutte contre les VSS, un dispositif de signalement et de traitement des violences et des formations régulières pour les agents.
  • La mise à disposition d’outils d’information et de prévention, notamment la brochure « VSS, réagissons ! Brisons le silence » et le guide « Santé des femmes », diffusés chaque année à plusieurs milliers d’exemplaires.
  • L’accueil d’un temps annuel de sensibilisation autour du 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, au sein de l’Hôtel de Ville en partenariat avec Filactions, ainsi que le soutien au festival « Brisons le silence».

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