Infos pratiques
Date : 23 février 2026
Horaire : 17h00
Lieu : 12 Quai du général Sarrail – Lyon 6ème
Ouvert à tous - sur inscription
16 février 2026
La passerelle du Collège est désormais dénommée « Passerelle du Collège – Famille Péju ». La cérémonie aura lieu le 23 février et sera suivie d’une présentation du roman Échappées de Pierre Péju.
Lors de sa séance de novembre 2025, le Conseil municipal a officiellement dénommée la passerelle du Collège – qui portait ce nom d’usage –, en « Passerelle du Collège – Famille Péju ». Par ce geste, en lien avec la Fondation de la Résistance et l’Ordre de la Libération, la Ville de Lyon souhaite rendre hommage à la famille Péju, engagée dans la Résistance.
Elie Péju, cofondateur du journal et du mouvement de résistance Franc-Tireur, « le plus lyonnais des mouvements de résistance »
Élie Péju est né en 1901 en Isère. Après des études primaires, il travaille comme employé à l’usine Berliet de Lyon à partir de 1916. Après la Première Guerre mondiale, il s’engage aux Jeunesses socialistes, avant de rejoindre le Parti communiste, parti qu’il quitte ensuite dans les années 30 par refus du stalinisme.
Devenu entrepreneur, Élie Péju est opposé aux accords de Munich et révolté par l’armistice de juin 1940. Il s’engage alors très tôt dans la Résistance, dès l’automne 1940, où il lance avec d’autres résistants le mouvement France-Liberté, qui agit surtout sur le volet propagande, en diffusant des tracts qui alertent sur les dangers du nazisme et de l’idéologie du régime de Vichy. Il met également son entreprise de déménagement (« Le déménagement moderne »), alors située avenue de Saxe à Lyon, au service des imprimeurs pour les transports de faux papiers, mais aussi à la disposition des groupes francs pour les transports et les camouflages d’armes et de matériel.
Fin 1941, le mouvement France-liberté prend une nouvelle ampleur sous l’impulsion de Jean-Pierre Lévy, un jeune ingénieur commercial alsacien récemment installé à Lyon. Il parvient à publier un journal clandestin, Le Franc-Tireur, qui va finalement donner son nom définitif au mouvement, dont Élie Péju est l’un des six membres fondateurs du Comité directeur.
Franc-Tireur est souvent qualifié comme étant le « plus lyonnais des mouvements de résistance » et se caractérise par sa capacité à fédérer des personnes d’horizons très divers autour des grands principes républicains, dans l’opposition dès le départ au régime de Vichy. Il compte également de nombreuses femmes dans ses rangs.
Dès 1942, Élie Péju devient le principal organisateur des groupes francs du mouvement et est en liaison directe avec Jean Moulin, délégué en France du général de Gaulle. Il organise dans toute la région de Lyon des opérations aériennes et des parachutages. Parallèlement à ses activités professionnelles qui lui fournissent à la fois une couverture efficace et des moyens d’action, Élie Péju assure aussi la parution du journal Le Père Duchesne avec Yves Farge et Georges Altman à partir d’avril 1942 et celle de La Revue Libre de Marc Bloch à partir de la fin 1943.
Lors de la fondation des Mouvements unis de Résistance (MUR) au début de 1943, il est particulièrement chargé de la propagande-diffusion et est nommé délégué national des MUR puis du Mouvement de Libération nationale (MLN) qui succède ensuite aux MUR. Le 3 septembre 1944, à la Libération de Lyon, Élie Péju devient l’adjoint du Commissaire de la République, Yves Farge. Par ailleurs il participe à la parution officielle du journal jusque-là clandestin Le Franc-Tireur ; il en devient directeur entre 1948 et 1957. Il est, ensuite, PDG de la Société des Éditions cinématographiques.
Il est fait officier de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération par décret du 27 décembre 1945 et reçoit la Croix de guerre 1939-1945 ainsi que la médaille de la Résistance française avec rosette. Élie Péju décède le 29 juillet 1969.
L’engagement dans la Résistance, une affaire de famille
Dès le début de son engagement dans la Résistance, Élie Péju partage ses convictions et agit en liens étroits avec sa famille. Son épouse Marthe Capelle, artiste, militante socialiste puis communiste, a mené une action militante avec de rencontrer et d’épouser Elie Péju : elle poursuit à ses côtés son engagement politique puis dans la Résistance tout au long de la guerre. Leurs deux fils aînés sont également impliqués : dès le début à l’été 1940, leur fils aîné, Marcel, né en 1922, participe à la rédaction des tracts et journaux ; son fils cadet, Raymond, né en 1923, fait du secrétariat et des liaisons sous ses ordres. Les deux frères participent également à des manifestations étudiantes ; Raymond en organise notamment une en mai 1941 contre la diffusion du film de propagande antisémite Le juif Süss. Marcel, réfractaire au STO, entre en clandestinité en 1943. Dans les années suivantes, Raymond transporte régulièrement des armes et du matériel de sabotage. Il est grièvement blessé lors d’une mission en mobylette et perd une jambe, mais poursuit son activité clandestine jusqu’à la fin de la guerre. La secrétaire d’Elie Péju, Marie-Aimée Dufour, est agent de liaison jusqu’à la Libération. Après la guerre, elle épouse l’un des deux fils d’Elie Péju, Raymond.
La Librairie La Proue, haut-lieu de la vie intellectuelle lyonnaise
Après la guerre, Élie et Georges Péju, avec Raymond, ont ouvert en 1947 la librairie La Proue, rue Childebert. Tenu par Raymond, Georges et Françoise (née Humbert), ce haut-lieu de la vie culturelle lyonnaise a fait vivre pendant plus de 50 ans cet esprit de résistance. Le choix du lieu à dénommer, la passerelle, s’inscrit dans une relative proximité avec cette ancienne librairie.
Crédit image : © ©Muriel Chaulet
Date : 23 février 2026
Horaire : 17h00
Lieu : 12 Quai du général Sarrail – Lyon 6ème
Ouvert à tous - sur inscription