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Développement durable
- Publié le 4 octobre 2019

Nature partagée

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La nature en ville ? Elle s’immisce peu à peu en dehors des 450 ha d’espaces verts publics : micro- implantations florales et autres jardins partagés offrent de participer à l’embellissement des rues, à la lutte contre la chaleur urbaine… Pour que chacun plante les graines du changement.

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Rosiers arbustifs, romarin, sauges, géraniums vivaces, asters, arbousiers, magnolias, lilas des Indes : quelques-unes des essences que l’on peut désormais voir et sentir, parmi d’autres, rues Édouard-Herriot et de Brest, alors que le déploiement de la trame verte de l’opération Presqu’île nature se poursuit.

Fleuries 10 mois sur 12, peu consommatrices d’eau et capables de résister aux fortes chaleurs, les plantes que l’on retrouve le long de ces 1 400 m sont emblématiques des nouveaux besoins urbains en matière de verdure. Ces espaces veulent tout à la fois apporter du confort, de l’ombrage, à ceux qui déambulent dans les rues en créant une sorte de corridor végétal et améliorer le cadre de vie de la Presqu’île, là où l’implantation d’espaces verts est la plus contrainte par l’urbanisme.

Installés pour une expérimentation de 18 mois, ils seront remplacés par des plantations de pleine terre, en cas d’avis favorables liés au test. Ils rejoindraient alors les 450 ha d’espaces verts de Lyon ; dont la Tête d’Or, qui demeure le plus grand parc urbain intra-muros d’Europe avec ses 117 ha.

Chacun son jardin de rue

Depuis 2005, le besoin d’un nouveau genre de végétalisation s’est fait sentir : au plus près de chez soi et plus participative. Ce phénomène dénommé micro-implantations florales (MIF) a rapidement essaimé.

« Au début, on nous prenait pour des illuminés ! », se souvient Lucile Flechet. C’est de l’histoire ancienne : Lucile revendique désormais 294 (!) de ces petites fosses de 60 à 80 cm de long pour 20 cm de large et autant de profond dans son quartier de Montchat, où elle œuvre comme référente. Et pour quel résultat ! Dans les rues Sainte-Marie, de la Balme, Chambovet et alentour, c’est un déploiement de sauges, de belles-de-nuit, de rosiers, de penstemons et l’on en passe.

« Ce sont essentiellement des plantes à fleurs pour améliorer le cadre de vie et attirer les insectes pollinisateurs, poursuit-elle. Mais leur raison d’être et l’intérêt de ceux qui nous rejoignent vont bien au-delà : c’est l’occasion de se rencontrer, lorsque l’on plante tous ensemble, ou que l’on échange des graines et des bonnes pratiques… La nature en ville ça apaise, ça détend ; les gens ont besoin de faire une pause.

Déjà, elle enregistre 50 nouvelles familles souhaitant rejoindre un mouvement qui ne cesse de grandir en fonction des enjeux environnementaux.

Culture du clic

Pour répondre à cette envie croissante de jardins de rue, une demande de végétalisation en ligne est disponible en ligne.

En un clic, on peut télécharger un formulaire, une charte de bonnes pratiques et les critères à respecter. Pour les travaux, une convention liant la Ville et la Métropole (puisque les MIF sont installées sur le domaine de cette dernière) facilite les interventions.
Pour les apprentis jardiniers, d’ici au printemps, les fosses seront percées dans les trottoirs et la Direction des espaces verts (DEV) leur fournira terre végétale, graines et plants. Ensuite, à eux de vivre leur nouvelle vie, avec le suivi et le conseil de la DEV. Et les jardins de rues ne se limitent pas au MIF, la végétalisation en pieds d’arbres, en pots ou jardinières hors-sol est également possible et disponible dans la démarche en ligne.

Ceux qui ont la main verte et qui voient plus grand peuvent opter pour un jardin ! Depuis 1916 (les premiers d’entre eux avaient une vocation éminemment vivrière), Lyon a vu fleurir 500 parcelles de jardins familiaux (autrefois appelés “ouvriers”) sur 20 ha de surface, où l’on fait pousser les légumes du foyer.

Questions à réponses multiples

Plus récents, car fruits d’une prise de conscience née au 21e siècle, les 53 jardins partagés de Lyon occupent également du foncier public et sont présents dans tous les arrondissements. S’ils permettent de consommer bon et bio (c’est une obligation), ils constituent surtout le terreau fertile sur lequel une vie de quartier peut s’épanouir, puisque l’on cultive en commun et que la production est répartie entre les jardiniers.

À Lyon, le réseau est animé par le Passe-jardins dont le site recense et cartographie les jardins partagés. Mais rien n’empêche d’en créer sur les terrains privés avec l’accord de la copropriété. À chacun maintenant de répondre à la question : « comment participer à embellir ma rue, mon quartier, ma ville ? »

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La promotion par l'exemple

Nathalie Mardi dans un jardin partagé du 7e arrondissement
Témoignage de Nathalie Martin, administratrice du compte Facebook “Incroyables comestibles Lyon”

« Ma prise de conscience remonte au film Demain. Comme beaucoup, j’ai réalisé que la nature est peu présente en ville. J’ai commencé par créer un jardin partagé avec 5 voisins dans ma résidence. Récemment, nous avons initié 4 micro-implantations florales devant la façade…

J’ai également rejoint la démarche Incroyables comestibles, née en Angleterre, où l’on cultive des légumes en bacs installés dans l’espace public, de façon complètement libre, avec le soutien de la Ville. Nous fonctionnons beaucoup avec les réseaux sociaux pour communiquer et nous organiser.

De février à avril, nous proposons des formations pour apprendre à planter. Les plantations dans l’espace public créent des rencontres entre voisins, sont plutôt respectées et se démocratisent rapidement. Pour moi l’idée, c’est de faire de la promotion par l’exemple. Nous avons 4 500 abonnés sur le Facebook Incroyables comestibles. Le potentiel est là. »
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Chiffres clés

1160

jardins de rue installés à Lyon

30 000

végétaux plantés rues Herriot et de Brest

20 000

arbres supplémentaires sous 10 ans

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Avoir la main verte

Lorsque l’on veut se mettre au jardinage et que l’on manque de connaissances, on peut se tourner vers les formations proposées au parc de la Tête d’Or par la DEV : réussir ses semis, fleurir son balcon et, nouveauté en février-mars 2020, la taille des rosiers… On fourbit sécateurs et… souris pour s’inscrire dès maintenant sur internet, le programme de novembre à avril est disponible sur nature.lyon.fr. Si l’on recherche un simple conseil, on peut utiliser l’adresse : conseil.botanique@mairie-lyon.fr, un technicien répond à toutes les questions.