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Culture
- Publié le 29 janvier 2021

Aux Subs, précieux parcours de médiation

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Crédit photo : Muriel Chaulet

La création continue aux Subsistances ! Fermé au public, ce laboratoire artistique accueille des artistes en résidence. Jusqu’au 29 janvier, le plasticien et performeur Denis Mariotte propose des parcours de médiation à des petits groupes d’élèves lyonnais.

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Nous sommes en janvier, mais c’est leur première sortie scolaire de l’année. Le petit groupe d’élèves de cette classe de CM2 de l’école du Chapeau Rouge (9e) avance sous la pluie et se divise en deux. Une quinzaine d’élèves découvrira l’installation de Denis Mariotte, Commencer est toujours une façon d’en finir, tandis que l’autre moitié de la classe effectuera une visite patrimoniale des Subs, leur histoire et leur fonctionnement. En tout, 126 jeunes ont été accueillis selon ce dispositif en jauge très limitée depuis le début du mois de janvier.

Piano fantôme

Alors que le groupe s’avance dans une première pièce, le performeur fend la foule sur des sandales bricolées et prévient : « Vous êtes venus parce que je suis là, et je suis venu parce que je savais que vous viendriez ». Le ton est donné, pour cette installation qui interroge l’origine des choses, leur perception et leur potentiel. Denis Mariotte devait travailler avec neuf artistes pour créer une forêt sous la verrière des Subs. Le projet a été annulé pour cause de pandémie. « Pendant cette période, Stéphane Malfettes, le directeur, m’a proposé d’utiliser les Subsistances comme mon atelier. J’ai pu utiliser un ensemble d’espaces contigus pour créer plusieurs petites performances qui s’enchaînent, certaines plus plastiques, d’autres plus performatives ou musicales ». Face à la réflexion vertigineuse que posent les installations -l’origine, le visible et l’invisible-, les enfants déambulent dans les espaces mi-interloqués, intrigués ou amusés, mais très réceptifs. Des moteurs d’essuie-glaces récupérés se mettent en action et enclenchent ici un défilé spontané d’encyclopédies, là une séquence chorégraphiée pour rollers. Plus loin, un piano fantôme joue tout seul une musique entraînante : étrange, merveilleux et surprenant.

Une écoute particulière

« Ce qui m’intéresse, c’est de travailler longtemps dans les endroits, pour peu de public, environ 15/20 personnes et de jouer plein de fois. Au début, j’avais 34 représentations programmées sur un long terme. Cela a été annulé, mais ce format en petite jauge reflète vraiment le sens de mon travail » précise Denis Mariotte. Peu habitué à jouer pour le jeune public, il a ressenti une très forte réception de la part des enfants.
L'institutrice de la classe de CM2 de l'école du Chapeau Rouge les a sentis « nourris ». Convaincus de l’importance de ces temps de partage avec le public, les équipes des Subsistances poursuivent leurs projets de médiation tant que la situation le permet. Dans les semaines à venir sont prévus des ateliers de pratique avec des artistes programmés, un projet de correspondance numérique entre des EHPAD et la circassienne Inbal Ben Haim ou encore un projet de recherche chorégraphique avec la Maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône. Comme autant d’occasions de maintenir un échange ténu, mais encore plus précieux, avec les publics.

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